Adolescence, quelle violence !!



Souvent impuissant, nous sommes souvent confronté à la violence de nos ados. Et si cette violence était en réalité une réaction à la violence subie ?

Je ne parle pas de violence parentale, mais de la violence de la vie elle même. Je parle de cette violence qui nous impose des changements brutaux, non choisi contre lesquels nous ne pouvons rien. Des changements organiques, émotionnel et mentaux. Je parle de cette violence qui assassine les enfants que nous étions. Je parle de cette vie qui s’impose à notre vie. Une vie qui n’est pas choisie.

Une véritable initiation qui fait de nous des êtres nouveaux sans que nous n’ayons rien demandé.

 

Fille :
Du jour au lendemain, une jeune fille perd définitivement son innocence. Parfois, ça se passe très tôt. Un jour, du sang coule entre ses jambes signant la mort de son corps d’enfant pour la propulser dans un corps de femme. Le plus souvent avec un accompagnement qui se borne à des gestes techniques hygiénique.

Avec quels mots, quelle place pour la peur, pour la déchirure vécue et le deuil qui s’impose?

Le silence gêné, l’absence de mots de ce qui est vécu comme un fardeau, une fatalité, une misère, une honte par laquelle “il faut bien passer”.

C’est bien souvent le seul héritage transmis par une mère qui n’est elle même que rarement sortie indemne de cette initiation.
Et avec ce changement apparaît le danger : avec les règles, la sexualité s’impose. Dommage, l’éducation sexuelle se borne le plus souvent aux recommandations de prudence et de protection. Le garçon et l’homme deviennent cette autre source de danger de qui il faut se méfier malgré l’attirance grandissante.

Et oui, une fille peut se retrouver en ceinte et… violée. Le désir devient dangereux et la prudence s’impose dans les relations. Plus de place pour l’innocence si elle n’a pas déjà été volée par des adultes assassins.

Comment s’étonner de la violence des réactions, des dépressions, anorexies,  auto-maltraitances, refus de grandir et impuissance à aller à l’encontre de ce processus? Pour certaines jeunes filles, c’est juste vécu comme un viol, un viol de la vie elle même. Haine de soi et désir de destruction contre soi, les autres ou le monde peuvent se manifester. 

Mais si la violence s’arrêtait là : est ce un choix librement consentit ces poils qui poussent, ces seins qui grossissent et ces formes qui apparaissent. Est ce un choix de voir les regards sur soi changer? Est ce un choix de voir des regards qui mettent mal à l’aise?

Le sang parle de vie et de mort. Qui peut affirmer que les femmes ne sont pas initiées. Si les initiations étaient réservés aux jeunes hommes, c’est peut être parce que entre les règles sont elles  même une initiation, une confrontation avec le sang qui parle de vie et de mort. Puis les grossesses et les accouchements ne se chargent ils pas de confirmer le passage ? 
Parce que oui, après les règles, la jeune fille n’est plus jamais la même ; et c’est un passage sans retour.

 

Quel est le choix dans ce passage?

 

Seul un féminin guéri et en bonne santé peut transmettre la joie de devenir femme. Mais c’est si rare. Dans certaines sociétés dites plus « primitives », le groupe des femmes était chargé d’accueillir et d’éduquer la jeune femme « nouvelle née » et de lui enseigner les grâces et mystères de son nouveau statut. Son pouvoir lui était enseigné, son appartenance renforcée.

 

Garçon :

Pour les garçons, la violence est bien présente aussi :

Quel est le choix de ces poils qui poussent sur notre corps et notre visage, quel est le choix de ces réveils nocturnes, mouillés et collant?

Quel est le choix dans nos façons de regarder les filles et de nous comporter avec elles de façon différentes?

Quel est le choix dans le fait que notre mère ne sera plus jamais tout à fait la même? Comment ne pas voir que son regard sur nous a changé ?

Quel est le choix de ces érections incontrôlées qui arrivent n’importe quand?

Quel est le choix de ces pulsions, de ces envies soudaines qui s’imposent à nous? Le monde entre le masculin et le féminin se creuse un peu plus et s’attire en même temps un peu plus. Mais avec quel mots, quel accueil, quelle conscience? 

Quel choix y a t il dans ces désirs qui s’imposent. Y a t il vraiment un “je” qui choisi quoi que ce soit là dedans? Peut on dire “je” te désire ou bien ne devrait on pas plutôt dire :”le désir s’impose entre toi et moi”?

Le masculin est confronté à cette absurdité qui dit que c’est simple et évident pour lui puisqu’il bande et éjacule. Ça se voit, c’est simple et évident, donc il n’y a rien qui mérite d’être parlé. Donc la sexualité, on n’en parle pas et on fait comme si nous maitrisions le sujet !!

Là encore, pas de conscience, pas d’initiation. La sexualité est à la foi omniprésente et rendue tabou tout comme le corps, corps du péché, héritage encore bien présent de nos religions.

 

Adultes ?

 

Le passage de nos corps à un statut d’adulte signifie juste que nous sommes devenu aptes à procréer, pas que nous sommes devenu adultes. D’ailleurs, je suis loin d’être convaincu que l’espèce humaine soit une espèce adulte au sens psychologique et spirituel !!

 

L’intégration de ce passage violent par essence devrait en théorie nous menez vers un statut adulte que très peu d’entre nous, soi disant adultes avons atteint !

Mais les terrains humains et sociaux actuels ne semblent pas faciliter la tache à nos ados !!

 

L’adolescence, c’est radical ; c’est un passage, un changement non choisi sans retour en arrière possible.

 

J’ai la conviction que l’expression de la violence de nos ados nous demande en tant que parents à nous interroger sur la violence intérieure vécue par nos enfants lors de ce passage qu’est l’adolescence. L’ignorance de nos propres blessures en tant que parents n’aident pas à trouver le miroir constructif et rassurant dont nos ados ont besoins.

La solitude, la honte, le silence peuvent facilement en découler avec son cortège d’expressions de violence contre soi, la vie ou les autres.

Pourtant en théorie, naître femme ou homme devrait être source de joie, d’amour et de conscience grandissante !!

Gilles Rebeyrotte

 

Gilles Rebeyrotte

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